Rituel Millénaire Andin

Défier l'altitude pour apprécier le prince des camélidés sud-américains à l'état sauvage : la vigogne. Ce mammifère produit une laine parmi les plus fines du monde.
Le nom Chaco provient de la langue quechua, et signifie "zone ou enclos de chasse"
Plus de 200 personnes forment une file indienne le long de la plaine qui encercle le troupeau de vigognes. Ce beau cérémonial remonte à des origines pré-inca.

Les vigognes se déplacent avec une singulière agilité. Elles suivent un grand mâle en essayant de d'échapper à ce cordon humain qui se rapproche d'elles. Elles se sauvent vers l'endroit où ce cordon humain offre une brèche, une possibilité d'échappement. Mais chaque fois le cercle se referme, la brèche disparaît, quelqu'un agite un chapeau, et les vigognes font demi-tour. De la sorte, leur espace rétrécit chaque fois un peu plus. Elles sont tombées dans le piège constitué par ce cercle humain ou "chaco".
De chaque vigogne, on obtient approximativement 250 grammes de laine. Un kilo est estimé à 385 US$ dollars
L'homme des Andes était capable de cultiver la pomme de terre, de domestiquer le lama ou l'alpaga et de s'adapter à des conditions de vie très dures, mais jamais il ne put dompter la vigogne. Par nature, la vigogne est un animal non domestique. En effet, si on la retient en captivité, elle ne supporte pas de voir restreint son espace de vie et ne peut se reproduire.

La vigogne, le plus petit des quatre camélidés sud-américains, produit une des fibres de laine les plus fines du monde. Les poils qui la couvrent sont plus fins que ceux de la chèvre cashmere, du bison ou de toutes les autres fibres exotiques du monde. Il n'est pas accidentel que la vigogne soit, avec le quinquina et la corne d'abondance, le symbole du blason national du Pérou,
La vigogne est l'emblème de la liberté.
Pendant des années, le commerce illégal de la laine de vigogne a été basé sur la chasse. Un coup meurtrier précis avait remplacé l'effort et l'organisation caractéristiques du "chaco".
Le "chaco" permet d'entourer les vigognes, les pousser à entrer dans un enclos où elles sont dépouillées de leur laine puis de les relâcher dans la nature en préservant ainsi leur vie si précieuse.

On a besoin de beaucoup d'hommes pour célébrer le "chaco". Le déploiement humain à 4.000 mètres d'altitude est nécessairement lent. À cette hauteur chaque pas effectué doit être calculé.
En plus il est nécessaire d'enlever une infinité de pierres, cachées parmi le "ichu" de le puna. Tant en réalité qu'on a découvert tôt qu'il était plus facile de marcher sur les pierres, comme celui qui croisse une rivière que essayer de les éviter. Petit détail qui a rendu plus surprenant et magique d'apprécier la vitesse avec laquelle les vigognes se déplaçaient sur la plaine.
Pendant ce temps, les paysans des "communautés" célèbrent une cérémonie andine, le paiement à la "Pachamama". Un fotus de camélidé, petites feuilles de coca, liqueur et sang d'alpaga avec lequel ils colorent les joues des participants. Ce n'est pas de la peinture de guerre, mais de la peinture de vie.